Un nouveau bureau et une école politique à Tunis

December 12, 2014

Le Conseil de l’Europe avait depuis quelques mois déjà rejoint les partenaires et alliés de la Tunisie dans cette phase transitoire. Forte d’une expérience de 64 ans, l’organisation gouvernementale européenne se propose d’aider le pays dans ses domaines d’expertise à savoir : la protection des droits de l’homme, le renforcement de la démocratie et de la consécration du droit. Elle a de ce fait élaboré un plan d’action : « Priorités 2012-2014 pour la Tunisie dans le cadre de la coopération avec le voisinage ». Approuvé au printemps 2012 par les responsables européens et par le ministère des Affaires étrangères, le plan a été présenté hier à la presse locale par les deux parties. Dans son intervention, le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères chargé des Affaires européennes a été bref et concis, se félicitant de l’appui du CdE et le remerciant pour son apport.



Pour le CdE, ce jour est un jour historique parce que nous venons, pour la première fois de conclure un accord de siège avec un pays non-membre de l’Union Européenne



La secrétaire générale adjointe de l’organisation, Gabriella Battaini Dragoni a pour sa part fait le détail des axes du programme de partenariat. « Le document est un outil stratégique, flexible et dynamique qui vise à accompagner le processus de transition démocratique en Tunisie et à relever les défis nationaux liés aux droits de l’Homme, à l’état de droit et à la démocratie », a-t-elle assuré, avant de présenter une à une les priorités fixées dans le cadre du programme. Consolider les droits des femmes et les protéger contre toutes formes d’abus et de violences et promouvoir les droits des groupes vulnérables tels que les handicapés et les enfants, tels sont les champs d’action du CdE dans le domaine des droits de l’Homme. L’organisation met également à la disposition des autorités tunisiennes son savoir-faire en matière de lutte contre la corruption, la cybercriminalité et le blanchiment d’argent et s’est montrée apte à assister la Tunisie dans l’épineuse et pénible affaire de restitution des avoirs et biens mal acquis. Gabriella Battaini Dragoni a également insisté sur l’importance du renforcement du cadre institutionnel et des normes juridiques pour réussir la transition vers la démocratie aspirée. Bonne gouvernance, dialogue et transparenceont de ce fait été ses maîtres mots. Des mots clés qu’elle a d’ailleurs appuyés par ce qui a déjà été réalisé. « Pour le CdE, ce jour est un jour historique parce que nous venons, pour la première fois de conclure un accord de siège avec un pays non-membre de l’Union Européenne.» a renchéri la responsable européenne. Pour elle, ce bureau tunisois permettra à son organisation d’aller de l’avant dans sa politique de voisinage en conférant plus d’efficacité aux actions programmées.



L’école politique de Tunis est un autre résultat concret du programme d’action que Gabriella Battaini Dragoni a présenté avec le directeur de l’école Ahmed Driss. Conçue selon le modèle des 16 écoles d’études politiques établies déjà par le CdE, cette nouvelle institution tunisienne aura pour principale mission de former une nouvelle génération de jeunes issus des partis politiques et de la société civile. Les formations présentées sous forme de séminaires couvrent un large éventail de thèmes tels que: la gouvernance, les mécanismes de protection des droits de l’Homme, les systèmes électoraux ou encore la liberté d’expression et des médias. L’école politique de Tunis qui a déjà formé une première « promotion pilote », l’année dernière, s’ouvrira vers d’autres candidats. Chaque année, elle sélectionnera environ 40 participants. Les activités soutenues par le CdE comprendront trois séminaires nationaux par an. Les élèves de l’école auront l’occasion de participer au Forum Mondial de la Démocratie, qui se tient chaque octobre à Strasbourg.



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